PER
PER individuel : fonctionnement, fiscalité et sortie à la retraite
Une enveloppe pour préparer sa retraite, avec un avantage fiscal pendant la phase d'épargne. Versements, déblocages, sortie en capital ou en rente : ce qu'il faut savoir, et ce que change votre tranche d'imposition.
- Le PER individuel sert à se constituer un capital pour la retraite, avec des versements déductibles de vos revenus dans la limite d’un plafond.
- L’économie d’impôt dépend de votre tranche marginale d’imposition : jusqu’à 1 500 € pour 5 000 € versés à 30 %, jusqu’à 2 250 € à 45 %.
- L’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi, dont l’achat de la résidence principale.
- À la retraite, vous récupérez votre épargne en capital, en rente viagère, ou en combinant les deux.
À 30 ans, la retraite paraît loin. C’est pourtant là que le temps travaille le plus pour vous. Le plan d’épargne retraite individuel, le PER individuel, est l’enveloppe pensée pour ça : se constituer un capital petit à petit, avec un avantage fiscal pendant toute la phase d’épargne. Voici comment il fonctionne, à qui il s’adresse, et ce qu’il change réellement à votre impôt.
Il existe aussi des PER mis en place par les entreprises, le PER collectif et le PER obligatoire. Cet article porte uniquement sur le PER individuel, celui que vous ouvrez vous-même.
Comment fonctionne le PER individuel ?
Vous l’ouvrez vous-même et vous l’alimentez surtout par des versements volontaires, ponctuels ou programmés. Il n’y a pas de plafond de versement : le plafond ne concerne que la part déductible.
À lire aussiAssurance vie luxembourgeoise : trois atouts qu’un contrat français n’a pasL’argent est investi sur différents supports selon le contrat choisi : fonds en euros, fonds obligataires, actions, immobilier, unités de compte. Seul le fonds en euros offre une garantie du capital ; les unités de compte peuvent perdre de la valeur.
Deux façons de gérer :
- La gestion libre : vous choisissez vos supports et faites vos arbitrages vous-même.
- La gestion pilotée à horizon : votre épargne est sécurisée progressivement à mesure que la retraite approche. C’est l’option appliquée par défaut si vous ne choisissez rien.
Qui peut ouvrir un PER individuel ?
Presque tout le monde, quelle que soit sa situation professionnelle : salarié, indépendant, chef d’entreprise, demandeur d’emploi, ou même sans activité professionnelle.
Une limite toutefois, introduite par la loi de finances pour 2026 : les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Le PER reste accessible, mais il perd alors son principal avantage à l’entrée.
Une épargne bloquée, avec des exceptions
En principe, l’argent versé reste bloqué jusqu’à votre départ à la retraite. La loi prévoit toutefois six cas de déblocage anticipé :
- l’achat de votre résidence principale, le plus connu
- le décès de votre conjoint ou de votre partenaire de Pacs
- votre invalidité, celle de vos enfants, de votre conjoint ou de votre partenaire de Pacs
- l’expiration de vos droits à l’assurance chômage
- une situation de surendettement
- la cessation d’une activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire
En dehors de ces cas, il faut considérer cet argent comme immobilisé jusqu’à la retraite.
À la retraite : capital, rente ou les deux
Au moment de votre départ, plusieurs possibilités s’offrent à vous pour récupérer l’épargne issue de vos versements volontaires :
- en capital, en une seule fois ou en plusieurs fois
- en rente viagère, c’est-à-dire des revenus réguliers versés jusqu’à la fin de votre vie
- en combinant les deux
Le choix se fait au moment de la sortie, pas à l’ouverture, et chaque option a sa propre fiscalité.
L’avantage fiscal dépend de votre TMI
C’est ce qui fait briller le PER : vos versements volontaires peuvent être déduits de votre revenu imposable, dans la limite de votre plafond disponible. Plus votre tranche marginale d’imposition, votre TMI, est élevée, plus l’économie d’impôt peut être importante.
Pour un versement déductible de 5 000 €, l’économie d’impôt peut atteindre :
- 550 € avec une TMI de 11 %
- 1 500 € avec une TMI de 30 %
- 2 050 € avec une TMI de 41 %
- 2 250 € avec une TMI de 45 %
Ce sont des maximums : si la déduction vous fait descendre dans la tranche inférieure, la partie qui y passe est économisée au taux de cette tranche. Et à 0 %, la déduction ne fait rien économiser.
Réinvestir l’économie d’impôt
La vraie force du PER se joue souvent là. L’impôt que vous n’avez pas payé peut être réinvesti ailleurs, par exemple sur une assurance vie. Chaque année, cette somme se met à travailler pour vous, et ses résultats s’accumulent avec le temps.
C’est une stratégie, pas un automatisme : l’économie d’impôt n’existe qu’à l’entrée, et ce que vous réinvestissez suit les risques du support choisi.
Votre plafond d’épargne retraite
La déduction a une limite : votre plafond d’épargne retraite. Il dépend notamment de vos revenus professionnels de l’année précédente et de votre situation. Bonne nouvelle, il est calculé pour vous : son montant figure sur votre avis d’impôt.
Si vous êtes travailleur non salarié, des règles spécifiques peuvent vous offrir un plafond plus élevé.
Et depuis la loi de finances pour 2026, la part de plafond que vous n’utilisez pas une année reste mobilisable pendant les cinq années suivantes, contre trois auparavant. De quoi concentrer un versement important sur une année où vos revenus sont plus élevés.
La fiscalité à la sortie
Le PER repose surtout sur un décalage de la fiscalité : vous économisez de l’impôt pendant votre vie active, et vous en payez à la sortie.
- Sortie en capital, versements déduits : la part qui correspond à vos versements est soumise au barème de l’impôt sur le revenu. Les gains suivent la fiscalité des revenus du capital, prélèvements sociaux compris.
- Sortie en rente viagère : elle a sa propre fiscalité, celle d’une rente imposée comme un revenu.
- Déblocages liés aux accidents de la vie : ils sont traités plus favorablement.
- Déblocage pour la résidence principale : il suit des règles spécifiques.
Vous pouvez aussi choisir de ne pas déduire vos versements à l’entrée. Leur part sera alors exonérée d’impôt sur le revenu à la sortie en capital : une option qui peut se défendre quand votre TMI est faible.
Points de vigilance
- L’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage prévus par la loi.
- L’avantage fiscal est un décalage, pas une exonération : ce qui est déduit à l’entrée est imposé à la sortie.
- Les unités de compte ne garantissent pas le capital et peuvent perdre de la valeur.
- Les versements effectués après 70 ans ne sont pas déductibles.
En résumé
Le PER individuel répond à deux objectifs : préparer financièrement votre retraite, et, quand votre situation le permet, réduire votre impôt pendant votre vie active.
Son intérêt dépend de trois choses : votre TMI aujourd’hui, votre horizon de placement, et la fiscalité que vous anticipez à la retraite.
Envie de savoir si le PER est fait pour vous ? Parlons-en avec un conseiller.
Avertissement. Communication à caractère promotionnel. Cet article a une vocation informative et pédagogique ; il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation, ni un conseil fiscal. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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